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Vaginite atrophique post-ménopausique : définition, cause, symptômes, traitement

La vaginite atrophique post-ménopausique est un amincissement des parois vaginales causé par une diminution des niveaux d’œstrogènes. Elle survient généralement après la ménopause. Cette condition est également appelée atrophie vaginale.

La ménopause est le moment, qui survient dans la vie de toutes les femmes (d’ordinaire, entre 45 et 55 ans), où les ovaires cessent de produire des œufs. C’est également le moment où elles cessent d’avoir des règles. Une femme est ménopausée lorsqu’elle n’a pas eu de règles durant au moins 12 mois.

Les femmes présentant une vaginite atrophique courent un risque accru d’infection vaginale chronique et de problèmes de la fonction urinaire. Elle rend également les rapports sexuels douloureux.

Il s’agit d’une condition fréquente. Selon l’association américaine des médecins de famille (American Association of Family Physicians, AAFP), plus de 40 % des femmes ménopausées sont atteintes de vaginite atrophique. (AAFP)

Symptômes

Près de la moitié des femmes ménopausées développent une vaginite atrophique. Toutefois, 20 % des femmes seulement font état de leurs symptômes.

Il peut s’agir notamment :

  • d’un amincissement des parois vaginales ;
  • d’un raccourcissement et d’un rétrécissement du canal vaginal ;
  • d’une absence d’hydratation vaginale (sécheresse vaginale) ;
  • de brûlures vaginales (inflammation) ;
  • de la présence de tâches de sang après des rapports sexuels ;
  • d’inconfort ou de douleurs au cours des rapports sexuels ;
  • de douleur ou de brûlure lors des mictions ;
  • d’infections plus fréquentes des voies urinaires ;
  • d’incontinence urinaire (fuites incontrôlées).

Chez certaines femmes, ces symptômes surviennent lors de la péri ménopause (c’est-à-dire, au cours des années qui précèdent la ménopause). Chez d’autres, ils n’apparaissent que plusieurs années plus tard, voire jamais.

Causes

La baisse des taux d’œstrogènes est à l’origine de la vaginite atrophique. Sans œstrogènes, les tissus vaginaux deviennent plus minces et sèchent. Ils perdent en élasticité, deviennent plus fragiles et sont plus vulnérables aux lésions.

Un déclin des œstrogènes peut survenir à d’autres moments, et notamment :

  • durant l’allaitement ;
  • après une ablation des ovaires (ménopause chirurgicale) ;
  • après une chimiothérapie destinée à lutter contre un cancer ;
  • après une thérapie pelvienne par radiation anticancéreuse ;
  • après une thérapie hormonale pour un cancer du sein.

Une activité sexuelle régulière contribue à la préservation de la santé des tissus vaginaux. Une vie sexuelle saine est également bonne pour le système circulatoire et améliore la santé cardiovasculaire.

Risques

Certaines femmes sont plus vulnérables que d’autres à la vaginite atrophique. Les femmes qui n’ont jamais donné naissance par la voie vaginale sont plus enclines à la vaginite atrophique que celles qui ont accouché naturellement.

Le tabagisme compromet la circulation sanguine et prive d’oxygène le vagin et d’autres tissus. Un amincissement des tissus survient lorsque le flux sanguin est réduit ou restreint. Les fumeuses répondent également moins bien à l’œstrogénothérapie par voie orale.

Complications

La vaginite atrophique aggrave le risque d’infection vaginale. Certaines causes d’atrophie modifient l’environnement acide du vagin. Le milieu est ainsi plus favorable aux bactéries, levures et autres micro-organismes.

Le risque d’atrophie du système urinaire (atrophie génito-urinaire) en est également accru. Au nombre des symptômes associés aux problèmes des voies urinaires liés à une atrophie figurent :

  • des mictions plus fréquentes ;
  • des mictions plus urgentes ;
  • une sensation de brûlure lors des mictions.

Certaines femmes peuvent également être atteintes d’incontinence et connaître des infections plus fréquentes des voies urinaires.

Examens et diagnostics

Examens et diagnostics

Lorsque les rapports sexuels sont douloureux, y compris avec une lubrification, consultez sans délai votre médecin. Vous devez également le consulter lorsque vos sécrétions ou saignements vaginaux excèdent l’ordinaire, ou encore si vous éprouvez des sensations de brûlure ou des douleurs.

Votre médecin vous interrogera sur vos antécédents médicaux. Il souhaitera notamment savoir depuis quand vous n’avez plus vos règles et si vous avez eu un cancer. Il pourra également vous interroger sur les produits commerciaux que vous utilisez. Certains parfums, savons, produits pour le bain, déodorants, lubrifiants et spermicides peuvent être nocifs aux organes sexuels sensibles.

Votre médecin peut vous adresser à un gynécologue pour des analyses et tests. Il pourra notamment s’agir :

  • d’un examen pelvien ;
  • d’un frottis vaginal ;
  • d’un test d’acidité vaginale ;
  • d’analyses de sang ;
  • d’analyses d’urine.

Examen pelvien

Lors d’un examen pelvien, le médecin palpera vos organes pelviens. Il examinera également vos organes génitaux externes pour rechercher des signes physiques d’atrophie, tels que :

  • des muqueuses vaginales pâles, lisses et brillantes ;
  • une perte d’élasticité ;
  • un éclaircissement de la pilosité pubienne ;
  • des organes génitaux externes lisses et fins ;
  • un étirement des tissus de soutien utérins ;
  • un prolapsus d’organes pelviens (boursouflures des parois vaginales).

Analyses de laboratoire

Le frottis vaginal est un examen microscopique de tissus recueillis sur les parois vaginales. Il est destiné à rechercher certains types de cellules et de bactéries plus nombreuses en cas de vaginite atrophique.

Pour tester l’acidité, une bandelette indicatrice en papier est insérée dans le vagin. Pour ce test, votre médecin peut également collecter des sécrétions vaginales.

Des échantillons de sang et d’urine pourront également être prélevés aux fins de test et d’analyse en laboratoire. Ces analyses permettent de vérifier divers facteurs, parmi lesquels vos taux d’œstrogène (estradiol).

Traitement

Avec un traitement, il est possible d’améliorer votre santé vaginale et votre qualité de vie. Le traitement peut être axé sur les symptômes ou sur la cause sous-jacente.

Certains produits en vente libre peuvent permettre de remédier à la sécheresse, comme certains hydratants (Silk-E, Replens ou Very Private) ou des lubrifiants à base d’eau (K-Y ou Astroglide).

Lorsque les symptômes sont graves, votre médecin peut recommander une œstrogénothérapie. Les œstrogènes améliorent l’élasticité vaginale et l’hydratation naturelle. Leurs effets se font généralement sentir en quelques semaines. Les œstrogènes peuvent être administrés localement (par voie cutanée) ou oralement (par la bouche).

Œstrogènes topiques

L’administration d’œstrogènes par voie cutanée limite la quantité d’œstrogènes dans le flux sanguin. Il arrive toutefois qu’une oestrogénothérapie topique soit, chez certaines femmes, à l’origine d’un cancer de l’endomètre. Lorsque vous utilisez une oestrogénothérapie topique et constatez des saignements vaginaux inhabituels, consultez immédiatement votre médecin.

Les œstrogènes topiques sont disponibles sous plusieurs formes, au gré de vos préférences :

  • Un anneau vaginal délivrant des œstrogènes, tel que l’Estring, est un anneau souple, inséré dans la partie supérieure du vagin par vous ou votre médecin. Il libère une dose constante d’œstrogènes et doit être remplacé seulement tous les trois mois.
  • Une crème vaginale à base d’œstrogènes, comme le Premarin ou l’Estrace, est insérée dans le vagin au moyen d’un applicateur au moment du coucher. Votre médecin peut prescrire une application quotidienne de crème durant quinze jours, avant de réduire le nombre d’applications à deux ou trois par semaines.
  • Un comprimé vaginal à base d’œstrogènes, comme le Vagifem, est inséré dans le vagin au moyen d’un applicateur jetable. Il est généralement prescrit initialement à raison d’une dose quotidienne avant une réduction à un ou deux comprimés hebdomadaires.

Œstrogènes par voie orale

Au cours de la ménopause, les œstrogènes par voie orale sont fréquemment utilisés pour traiter les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Une utilisation prolongée accroît néanmoins le risque de certains cancers. Les œstrogènes oraux ne sont, en général, pas prescrits aux femmes ayant eu un cancer.

Si vous n’avez pas eu de cancer, de la progestine (qui est un progestagène de synthèse) peut également vous être prescrite en comprimé ou patch. Le médecin déterminera avec vous l’option la mieux adaptée au regard de votre situation.

Prévention

Le port de sous-vêtements en coton et de vêtements qui ne soient pas trop près du corps peut atténuer certains symptômes. Le port de vêtements en coton suffisamment amples améliore la circulation de l’air autour des organes génitaux qui ne sont ainsi pas un terrain aussi favorable au développement bactérien.

Les femmes atteintes de vaginite atrophique peuvent avoir des rapports sexuels douloureux. Toutefois, le fait de continuer à avoir une vie sexuelle active (que ce soit seule ou avec un partenaire) contribue à améliorer la circulation sanguine au niveau du vagin et stimule l’hydratation naturelle. L’activité sexuelle est sans effet sur les niveaux d’œstrogènes. Toutefois, en améliorant la circulation sanguine, elle contribue à préserver plus longtemps la santé des organes sexuels.

Le fait de prendre suffisamment de temps pour accroître l’excitation sexuelle peut améliorer le confort des rapports sexuels. L’huile de vitamine E peut être utilisée comme lubrifiant. Insérer une capsule ou une dose liquide dans le vagin une heure ou deux avant l’activité sexuelle.

Certains éléments indiquent également que la vitamine D améliore l’hydratation vaginale. La vitamine D aide également le corps à absorber le calcium. La perte osseuse post-ménopausique est ainsi ralentie ou prévenue, en particulier lorsque le traitement est combiné avec une pratique régulière d’exercice physique.

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