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Santé / Médecine / Paramédical

La gastrite atrophique ou quand votre estomac fait des siennes !

Une gastrite atrophique survient du fait d’une inflammation de la paroi stomacale sur plusieurs années. L’inflammation est, le plus souvent, causée par une infection par la bactérie H. pylori. Elle détruit progressivement votre paroi stomacale. Il semblerait que la bactérie cause l’inflammation en perturbant la couche de muqueuses qui protègent la paroi stomacale des sucs acides qui contribuent à la digestion de l’alimentation. Dans des cas plus rares, la gastrite atrophique est causée par votre système immunitaire qui attaque par erreur les cellules de vos muqueuses stomacales. Il s’agit alors d’une gastrite atrophique auto-immune.

Causes

La bactérie H. pylori infecte en général l’estomac durant l’enfance et, lorsqu’elle n’est pas traitée, l’infection progresse. Ce type de bactérie peut se transmettre, par contact direct avec des selles, un contenu stomacal vomi ou régurgité, ou la salive ; il peut également se répandre par contact avec des aliments ou liquides contaminés.

Une gastrite atrophique auto-immune survient lorsque le corps produit des anticorps qui attaquent les cellules stomacales responsables de la production d’acide. Des anticorps attaquent également une substance sécrétée par ces cellules, appelée facteur intrinsèque . Le facteur intrinsèque vous aide à absorber la vitamine B12. Sa destruction peut être à l’origine d’une maladie appelée anémie de Biermer ou anémie pernicieuse , caractérisée par un déficit en vitamine B12 qui empêche la fabrication de globules rouges (hématies) en quantités suffisantes.

Dans un cas comme dans l’autre, la condition est généralement découverte à un stade ultérieur de l’existence. Selon Medscape, la plupart des personnes présentant un diagnostic de gastrite atrophique sont âgées de 50 ans ou plus. (Medscape, 2010)

Risques

Le principal facteur de risque de gastrite atrophique est une infection par la bactérie H. pylori. Ces infections sont associées à la pauvreté et à la surpopulation. Il n’en demeure pas moins que près de la moitié de la population mondiale est infectée par la bactérie H. pylori . La gastrite atrophique est donc très courante. Vous courrez un risque plus important si vous êtes hispanique ou asiatique.

La gastrite atrophique est relativement rare. Vous courrez toutefois un risque plus élevé si vous êtes d’origine afro-américaine ou nord-européenne. Les diabétiques et les personnes malades de la thyroïde sont plus vulnérables à la gastrite auto-immune.

Si vous êtes atteint(e) d’un type ou d’un autre de gastrite atrophique, votre risque de cancer de l’estomac est plus élevé. (Medscape, 2010)

Symptômes

Il n’est pas rare qu’une gastrite atrophique soit asymptomatique et, de ce fait, de nombreux cas passent inaperçus.

Une infection par la bactérie H. pylori peut causer :

  • des douleurs stomacales ;
  • des nausées et vomissements ;
  • une perte d’appétit ;
  • une perte de poids ;
  • des ulcères de l’estomac ;
  • un cancer de l’estomac ;
  • une anémie hypochrome sidéropénique ne répondant pas au traitement ;

La gastrite atrophique auto-immune peut conduire à un déficit en vitamine B12 accompagné de symptômes d’anémie, et notamment :

  • une sensation de faiblesse ;
  • des étourdissements ;
  • des vertiges ;
  • des douleurs thoraciques ;
  • des palpitations ;
  • un acouphène (sifflement dans les oreilles).

Un déficit en vitamine B12 peut également causer des dommages nerveux conduisant à :

  • un engourdissement et des picotements au niveau des membres ;
  • un manque d’assurance au cours de la marche ;
  • des changements d’état mental.

Diagnostic

Le diagnostic de la gastrite atrophique repose à la fois sur une combinaison d’observations cliniques, d’examens et d’analyses. Au cours d’un examen physique, votre médecin vous examinera et s’efforcera de déceler :

  • une possible sensibilité de l’estomac ;
  • des signes de déficit en vitamine B12, tels qu’un teint pâle ou un pouls rapide (auto-immun).

Le médecin pourra prescrire des analyses de sang pour détecter :

  • de possibles faibles taux de pepsinogène (protéine sécrétée par les cellules productrices d’acide de l’estomac) ;
  • d’éventuels niveaux élevés de gastrine (hormone qui stimule la production d’acide par l’estomac) ;
  • des anticorps attaquant des cellules stomacales et le facteur intrinsèque (auto-immun) ;
  • de faibles taux de vitamine B12 (auto-immune).

Dans certains cas, le médecin peut procéder à une biopsie de tissus stomacaux pour déceler d’éventuels signes de gastrite atrophique. Cette opération est généralement réalisée au moyen d’un endoscope, c’est-à-dire, d’un instrument long et mince permettant d’atteindre l’estomac en passant par la gorge. Des échantillons de tissus stomacaux peuvent également être analysés pour détecter la présence de la bactérie H. pylori .

Traitement

Si vous êtes atteint(e) d’une gastrite atrophique résultant d’une infection par la bactérie H. pylori, le traitement implique d’ordinaire l’éradication de l’infection au moyen d’antibiotiques. Des médicaments destinés à réduire l’acidité stomacale, ou à la neutraliser, sont également prescrits, un milieu moins acide favorisant la guérison de votre paroi stomacale.

Les personnes atteintes d’une gastrite atrophique auto-immune reçoivent d’ordinaire un traitement à base de vitamine B12.

Long terme

Les médecins ne savent pas avec certitude si un traitement antibiotique destiné à éliminer la bactérie H. pylori de votre estomac réduit la progression de la gastrite atrophique. Un traitement peut réduire votre risque de cancer de l’estomac ; cette conclusion reste toutefois à confirmer et de plus amples recherches sont requises à cet égard.

Prévention

Il est difficile de prévenir la gastrite atrophique, mais avec une bonne hygiène, il peut être possible de limiter l’ampleur d’une infection par la bactérie H. pylori. Lavez-vous les mains après être allé(e) aux toilettes, ainsi qu’avant de manipuler des aliments et après l’avoir fait. Les parents et les personnes qui s’occupent de jeunes enfants doivent se laver les mains après avoir manipulé des couches ou linges souillés, et doivent apprendre de bonnes pratiques d’hygiène aux enfants pour éviter que la bactérie ne se répande.

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